Un flirt avec la Mayenne

Sébastien C est un adepte de la grande distance, il nous a donc concocté un parcours pour le moins original "Un flirt avec la Mayenne" après un test grandeur nature en juillet il vous propose de le retrouver pour "cette petite sortie" les 28 et 29 août 2021

Le récit de Sébastien

 

Voilà roulé le 1er Tour de France, un Flirt avec la Mayenne, long de 626km !
Quelle aventure..!!
Embrasser la Mayenne comme ce n'est pas permis, flirter avec les limites géographiques du département, visiter de très jolis coins dans 5 départements.
Voilà le programme que j'avais envisagé en clin d'œil du "petit frère", le Brevet Fédéral "Un Tour de France en Mayenne".
Voilà l'idée qui a permis de valider et peaufiner ce parcours qui deviendra peut-être une randonnée officielle !
Je vous donne déjà rendez-vous pour l'édition du 28 et 29 août : Tour de France, un Flirt avec la Mayenne, deuxième !
Après une nouvelle fois une semaine estudiante (!!), une remise de diplôme bien fêtée.. il fallait se mettre dans le bain et oublier que je n'étais pas très frais.
C'est donc partie à 6h samedi matin.. On se met vite en route avec Alexandre Chssgn dans une relative fraîcheur (qui nous manquera vite). On retrouve rapidement Philippe (Velofasto) qui est venu depuis Acigné se faire un tour de Bretagne !
Le lever de soleil est toujours extraordinaire... la nature qui s’éveille, les animaux qu'on surprend. On a l'impression d'être seuls au monde !
On garde un rythme assez cool en endurance pour envisager les 310 kms du jour et les 3600m de dénivelé.
Au bout de 2h mon tel (obsolescence programmée) s'éteint... heureusement que j'ai un super gps maintenant (une petite pépite qui sera vraiment parfaite sur tout ce week-end). Ma petite powerbank lui redonnera une seconde vie et il tiendra bien le week-end.
Nous entamons le véritable tour après 25km à la Chapelle Erbrée.. Dans l'estuaire de la Loire !
Nous découvrons de nouvelles petites routes bucoliques, nous roulons d'autres déjà connues ; l'ensemble du parcours est quasi parfait à ce stade !
Philippe qui lutte contre le sommeil nous entraine malgré nous dans une longue pause-café (heureusement offert par le trublion !).. C'est l'occasion de partager nos expériences de longues distances et nos combines pour résister au sommeil ou reprendre du poil de la bête !
Il faut malgré tout que l'on avance car notre gîte du soir est à Alençon et nous n'avons pas prévu rouler de nuit (une première pour moi !).
On enchaine toute la Bretagne et Philippe nous laisse au pied d'un bel enchaînement de bosses dont une rampe à 16%.
Successions de bosses et de petites routes, de beaux paysages, de soleil et d'arrêts rapides pour se rafraichir... ALex accuse un peu le coup avant les 200 kms mais il tient jusqu'à Mantilly, chez mes parents... qui ne sont pas là (mais la pause est salutaire) ; Juste apres, au Teilleul je l'invite à la boulangerie, il est 16h, double quiche, tarte et boisson pétillante pour faire le plein (le sandwich d'11h30 était un peu loin).
Nous commençons maintenant une des plus belle partie du tracé entre Le Teilleul, Lonlay, La ferrière aux étangs (autrement dit entre Honfleur et Lille !)... du bocage, des toutes petites routes, des tous petits villages, des bosses, des descentes à n'en plus finir !
Lonlay (en pleine baie de Somme) est une petite pépite avec sa côte à 15% (la deuxième du jour)..
La suite est tout aussi sympa jusqu'à La Ferrière et commence à coûter cher à Alex !
Une pause pour avertir notre hôte que nous ne serons pas du tout à l'heure prévue dû à nos nombreux arrêts (vitaux) et c'est reparti !
Chaque pause est salvatrice pour Alex qui se sent de moins en moins fringant...
Et pour cause, arrivé à La Ferté Macé on constate qu'il a perdu énormément de sel... On boit un verre et je lui file une petite portion de solution magique électrolyte (que je testais histoire de)... Malgré tout le mal est fait et il ne peut pas continuer. Nous sommes à plus de 40 km d'Alençon et n'avons plus beaucoup de marge de manœuvre pour y parvenir avant la nuit. Il se résigne à arrêter l'aventure ici...
Après quelques secondes d'hésitations, je décide de repartir seul ! Je mets un peu de temps à digérer le truc (déçu pour lui, pour l'aventure) mais je me console en roulant comme un fou et en profitant d'un sunset absolument magnifique sur les Alpes Mancelles !
Cela ne m’empêche pas d'avoir un bon coup de bambou, à me retrouver un peu seul comme un c... à rouler juste pour faire un joli dessin.. par fierté à accomplir mon défi ?...
C'est le lot de la longue distance (je devrai dire le sel de l'aventure, mais Alex va m'en vouloir  : savoir rouler seul (ça je sais faire) et savoir passer de mauvais moments (ça on n'est jamais bien préparé et on apprend sur le tas)...
Pour moi, il faut relativiser (facile sur le canap en terrasse 2 jours après) : tout roule quand même, j'ai une bonne forme, (limite très bonne), j'adore ces routes bucoliques et paysages fantastiques à la tombée de la nuit, en dehors des 3 heures de retards sur les meilleurs prévisions, personne ne m'attend... j'ai aussi et surtout quelques supporters précieux, et une coach à distance au top (c'est ça l'esprit Saint Malo :-))
La descente sur St Denis est le plus beau moment du parcours... je fonce vers Alençon où j'arriverai à la nuit tombante !!
Maintenant c'est la galère pour trouver à manger... obligé de me rabattre sur un truc que je n'avais pas mangé depuis...25 ans... (et bien c'est toujours aussi insipide) ..
C'est la première fois que j'avais prévu deux étapes pour une telle distance (d'habitude, j'aime bien m'arrêter au besoin en pleine nuit pour dormir un peu n'importe où avec une bonne couverture de survie... pas celle qui fait du bruit et qui ne vous couvre pas tout le corps ... et bien c'était quand même grand luxe avec la douche, un grand lit et une petite mais bonne nuit au calme !
DIMANCHE, départ 7h30... faut juste que j'arrive avant la nuit ce soir, donc je profite un peu de prendre mon temps (pendant que je ne suis pas sur le vélo) ;
Réveil musculaire avec 10 bornes de plat... et au bout, une ascension à 15%... voilà, je suis mieux réveillé !
La suite sera toujours bucolique (jusqu’à la Suze où je peux me restaurer et rafraichir), toujours des petites routes superbes, pas trop de zigouigouis pour rouler assez vite...
J'arrive rapidement du côté de Nice, je roule entre 28 et 30 km/h, le dénivelé est derrière moi, comme le vent assez favorable, je trace !
Le nord Sarthe et le nord Maine et Loire sont "faciles" et je peux enfiler les kms. Rouler vite me permet de moins cuire et surtout de faire des pauses plus longues (j'adore l'ambiance des bars de campagne avec les gars un peu imbibés à midi ou 14h, quand tu leur racontes ton aventure, ça part dans tous les sens, ça réveille !).
Je m'arrêterai environ toutes les deux heures pour acheter un petit encas salé et sucré, boire des bulles ! Ça me va très bien, c'est agréable (même si ce n'est pas très rapide si on veut aller encore plus vite).. et le tracé est aussi prévu pour traverser beaucoup de villages bien achalandés (une liste détaillée sera fournie pour les futurs partants) ;
Comme pour le "petit tour de France en Mayenne" je suis surpris de ne pas avoir de coup de barre, de coup de mou... j'ai quand même bien la frite (énergie du soleil et de la jeunesse sans doute ..
J'appréhende cependant le nord Maine et Loire et ses routes souvent très très moyennes... et puis la remontée de l’océan Atlantique vent de face !!
Mais encore une fois, de belles surprises à tout niveau, le parcours est vraiment top !
En longue distance, on passe souvent par des moments (de solitude, certes) mais d'ennui (en plein dimanche après-midi quand les villages sont parfois désertiques, sur un long faut plat montant, par 32° et après 500kms)... J'ai donc appris à m'arrêter vite fait à l'ombre, enlever mes chaussures, marcher, me sécher, me restaurer... top chrono 5mn et tu repars (presque) frais !
Cela étant dit, c'est bon de refaire le monde tout seul et penser à ses projets, ses futures idées à la con  !
Et encore une fois les communications tout au long du périple agrémentent énormément ces moments-là, en tous cas moi j'adore !! Merci !
Aller je commence à faire des maths, à calculer mes heures de passages et d'arrivée en fonction de ma vitesse, du dénivelé, de mon excitation et de ma fatigue... c'est bon signe quand tu arrives à moins de 100 km du but... même s'il est déjà 17 heure !
La dopamine faisant aussi effet à partir de 200km, je commence à la dépenser pour me lâcher un peu..
A 80 km du but je sais qu'Alex et Guillaume vont me rejoindre vers Argentré (Aux Sables d'Olonnes)... même si le vent me fait maintenant face et que le dénivelé est à nouveau très présent, je tiens le bon bout comme on dit !
Après quelques bons taquets, on se retrouve à Argentré et c'est dorénavant une nouvelle étape ! J'adore ces moments de retrouvailles ! Il ne nous manque que les bulles pour fêter la boule bouclée à un croisement des plus banal non loin de la Chapelle d'Erbrée...
Il suffit maintenant de rentrer... et on décide naturellement de rentrer en mode sport ! Ah les copains, merci pour cette petite partie de manivelle qui m'a bien fait plaisir !
C'est aussi l'occasion (importante) pour débriefer sur l'arrêt d'Alex hier, sur les points à améliorer et sur les rêves qui restent à réaliser 
Il est 21h30 quand j'arrive à la maison, heureux, conquis, fatigué (mais pas assez pour me priver d'une petite bière) !
Rendez-vous les 28 et 29 août pour la deuxième édition !